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12 réflexions au sujet de « Commentaires »

  1. Cher Bernard,

    En vacances dans le sud-ouest de la France, j’en ai profité pour lire ton roman “Le Livre de Joseph”. Je tenais à te dire que j’ai été très touché par cette quête d’identité, traitée avec humour et philosophie.

    Athée moi-même, j’ai toujours eu du mal à résumer cette position que je tiens pourtant comme essentielle. J’ai trouvé cet après-midi, à la page 85 de ton ouvrage, une phrase qui m’a éclairé ce questionnement : “être athée, c’est pouvoir être seul”. C’est une terrible constatation, mais c’est la seule qui me convient. Merci à toi d’avoir synthétisé cela en quelques mots d’une grande évidence.

    Xavier

  2. -copie conforme de la lettre envoyée à l’auteur-

    Je me souviens d’une fancy-fair dans un école secondaire. Le petit Snowcat était très petit, mais avait été visiter ce qui deviendrait quelques années plus tard son école. Un des ateliers était consacré à la physique. Un élève, que je voyais comme un grand savant (il devait avoir l’âge canonique de 15 ans), m’expliquait quelque chose qu’évidemment je ne comprenais pas. Et pourtant, je n’arrivais pas à réellement ne pas comprendre. Sa passion, sa façon de me démontrer par A + B je ne sais quelle formule, son expression, tout ça rendait son exposé non pas compréhensible –je n’avais pas le savoir pour cela-, mais intéressant. On peut dire que même si son objectif n’avait pas été atteint, il avait été atteint néanmoins.

    Par la suite, j’ai connu le même sentiment avec un prof de français qui portait en lui une culture qui, si elle ne m’attirait pas plus que ça, m’intéressait car tout dans sa façon de partager faisait penser que oui, cela était intéressant. Parfois je marchais, j’étais avec lui, puis je me perdais et sa science devenait abstraite –mais toujours intéressante.

    Un peu comme quand on se trouve devant une peinture qu’on ne comprend pas mais qui, quelque part, nous parle –ou du moins nous murmure.

    Et très récemment, dans un aéroport, j’ai partagé un moment avec un certain Jean-Paul Rakover (Rakovitch pour les plateaux-repas), qui m’a lui aussi –par un livre et par un Joseph interposés- emmené tantôt avec lui, tantôt à me perdre.

    Etant agnostique dans mes moments de bonne humeur et athée le reste du temps, je suis toujours resté très imperméable à tout croyance dirigée. Ou alors au contraire perméable au point que les religions me traversent comme des neutrinos : sans provoquer de changement visible. L’athéisme est l’imperméabilité, l’agnosticisme la totale perméabilité.
    C’est dire si j’ai parfois marché avec Mr Rakover, athée se découvrant une identité juive. Et puis me suis laissé perdre, tant cette découverte semble l’affecter, le toucher, le faire se questionner, l’intéresser. Moi pour qui la quête identitaire se limite à être Gilles Snowcat (un métier à part entière) et le faire savoir par l’intermédiaire de disques (certes mp3, mais dans 33t1/3 il y a assez de 3 pour en laisser un à mp), moi que toute communauté me fait fuir alors que je déteste le jogging, je me suis demandé si pareille découverte sur mon passé me ferait réagir de la même manière. Je ne pense pas.

    Et pourtant, je ne me suis pas ennuyé en lisant le travail intense des neurones du dentiste de Paris. Je l’ai suivi sans le perdre, mais en m’autorisant me perdre –car parfois j’ai eu l’impression de voir une peinture abstraite.

    Ce n’est pas un livre facile, et ce n’est pas un livre difficile non plus. J’ai eu la sensation de faire un voyage sur un terrain irrégulier. Des plaines qui se muent en montagnes, redeviennent plaines puis montagnes…

    Les retours à la réalité n’étaient que des retours à ma réalité : les allusions à Gainsbourg et son Gainsborough, « Dieu est Juif – Juif est Dieu », « message in a bottle » -mais que fait la Police ?-, Boney M, bref toutes les références musicales et aussi à l’univers des aéroports et des avions. C’est là que Jean-Paul devient, l’espace de quelques mots, Bernard.

    Et là aussi que, peut-être, « Le livre de Joseph » aura eu le pouvoir de me faire me questionner sur mon appartenance involontaire mais presque assumée à une communauté, celle d’une certaine musique, d’une certaine forme d’art ? Finalement, nous appartenons tous à quelque chose.

    Et que se passerait-il si je découvrais qu’un membre de ma famille avait pour nom McCartney ? Saurais-je prononcer Mac Cowtni ou me laisserais-je aller à la paresse francophone du Maque Carteunet ? Rakôveur ou Rakot-verre ?

    Au plaisir de lire un autre livre de Bernard.

    G.S.

  3. Cher Bernard,
    Je termine à l’instant la lecture de ton roman, qui m’a beaucoup plu et ému à la fois. J’avais lu il y a quelques mois ton article, donc je l’ai lu en « connaissance de cause ». Puis-je te dire que j’ai trouvé ton texte excellent? Tu fais une allusion à Romain Gary, dans le nom de la librairie, et je dois dire que j’ai reconnu quelque chose de Romain Gary, en plus acide, plus adulte, en moins fleur bleue.
    Ce n’était pas un exercice facile, celui auquel tu t’es livré et le résultat est à mon humble avis parfaitement réussi. Tu joues beaucoup sur les mots, pas à la manière de quelqu’un qui veut faire rire, ni même réfléchir, mais à la manière de quelqu’un qui parvient à s’observer, et à se rendre compte de l’effet qu’ont sur lui les mots entendus ou lus. Il y a quelque chose ici d’assez typiquement talmudique.
    Porte-bien,
    Stefan

  4. I finished reading Le livre de Joseph. It is a remarkable, ingenious, deeply moving book.

    A novel? Yes, but a very unusual one. True as only fiction can be true, as Levinas would say, but not quite fiction, not quite an essay, not quite a biography, not quite an autobiography. A unique interweaving of all those, perhaps, woven in the writing, and also woven (and this makes it such a good narrative) in the departures lounge of Warsaw airport, and on the internet. For, though it has fewer characters than most novels, its cast of characters all fit together.

    There is you, the neuropaediatrician from Brussels, and Jean-Paul Rakover the dentist from Paris, and Yosl Rakover, the incarnation of ‘resignation and rebellion’ who died fighting in the Warsaw Ghetto, but was also born in a story published in Argentina by Zvi Kolitz. Stories within stories, real people, imagined people.

    J-P Rakover searches for his identity and finds it through the written legacy of an imaginary character, but then he himself is imagined, and imagined by you. And so I imagine that your own quest for identity is what drives these facts and fictions, which makes this such a strange novel, and such a powerful one.

  5. Ce livre et drôle et terrible. C’est une sorte d’essai névrotique décalé qui interroge chacun sur les bases sur lesquelles il croit devoir s’appuyer. On ne bouge quasi pas et pourtant c’est passionnant. La fin est surpenante, vertigineuse: c’est une belle leçon de liberté.
    A lire absolument!

  6. Acabé el libro y me entrò sensación de satisfacción.

    Al principio fue poco a poco que me metí en la piel del dentista « Jean Paul »; me di cuenta de que lo había logrado perfectamente cuando llegó el pasaje del WC; cuando quise salir del personaje para darle un poco de intimidad, fue demasiado tarde…así que le acompañé haciendo pipí… 🙂

    Pero confieso que en cuanto Joseph Rakover empezó a relatar, dejé immediatamente la piel de Jean Paul y sentì la necesidad imperiosa de saber que iba a ocurrir en el gueto…Así que acabé el libro casi de un tirón.

    …Qué fuerte…si es que, aunque una conozca mínimamente un poco de Historia, no dejan de entrarte escalofríos…Joer, lo terrible es que pasó de verdad.

    Y cuando Joseph Rakover pide venganza y diferencia a brigands de cambrioleurs??? ahí yo estaba metidìsima…

    La serenidad de Jean Paul y sus ocurrencias surrealistas (que me han encantado!!!… como la de « ceci n’est pas un vol fumeur » :-)) permiten asimilar la cruda barbarie del relato de Joseph.

    Cher Bernard Dan, merci.
    Juste un truc, je n’ai pas réussi à m’imaginer Jean Paul en roux…désolé mais il est brun.

  7. Davantage que le récit d’une quête identitaire, le roman pose subtilement
    la question de l’identification à la figure du maître, de son modèle, dans
    toute son exigence mais aussi son ambiguïté. Il propose aussi dans toute sa
    complexité une réflexion sur la vengeance et la justice.
    Marier ces thèmes sur fond de dérision était un défi que Bernard Dan a réussi, pour
    son premier coup d’essai.

  8. Je n’en suis qu’à la p. 60 et quelque, au moment où le livre de Joseph commence à distiller son horreur. Mais je voulais vite témoigner de mon plaisir extrême à lire ce feu d’artifice jusqu’ici. J’ai encore des séquelles de mon hoquet de fou-rire de hier en lisant le nom polonais de Tom (je le fais bien). C’est comme du San Antonio freudo-lacano-allenesque, avec jeux de mots, d’esprit et d’images à chaque phrase : on entend la voix claire au ton interrogatif faussement naïf (je ne dirais pas niais avec l’accent). J’adore l’intrusion – assez proustienne – d’éléments de la réalité banale dans la littérature (les fiches à remplir dans l’avion, les termes d’informatique, mail
    delivery…) : enfin bref.

  9. Si demain vous restiez bloqué dans un aéroport, immanquablement vous repenseriez à Yosl Rakover, immanquablement vous seriez tenté de googleler le nom de votre mère, de votre père, de votre grand-père pour plonger dans vos racines, découvrir ou imaginer les plaisirs et les troubles d’une appartenance cachée, nouvelle, sensationnelle et pourquoi pas historique…Peut-être un passage obligé pour glisser d’une vie dont vous êtes le centre à une vie où les autres deviendraient votre raison d’être…Qu’en pensez-vous M. Rakover?
    Un rythme soumis au vol des avions et à la rencontre des passagers du monde, un récit multiplan, multicolore…avec de-ci de-là quelques fantasmes intimement mêlés à quelques préceptes de dentisterie?
    Subtilement triste, résolument drôle, clairement sensible.
    A découvrir, à partager, sans hésiter.

  10. On découvre parfois des choses que l’on connaissait. Inarritu m’a fait entendre dans « Biutiful » le concerto de Ravel comme je ne l’avais jamais entendu.
    Il en va de même pour Bernard Dan. J’avais lu le livre de Zvi Kolitz « Yosl Rakover parle à Dieu » il y a plus de dix ans. J’avais apprécié, mais je n’avais pas été aussi ému que depuis que je l’ai redécouvert dans « Le Livre de Joseph ».
    Bernard Dan a écrit un livre d’un humour décapant mais d’une extrême sensibilité. J’ai apprécié le style et la construction (fiction dans une fiction).
    Il faut faire fort attention pour ne pas laisser passer un jeu de mot ou un jeu d’esprit (le livre en est truffé). Les jeunes auraient mis partout des « lol » ou des 🙂
    Mais ce livre nous invite aussi continuellement à nous remettre en question.
    Je l’ai vivement conseillé à tous mes amis et connaissances et surtout à mon dentiste.

  11. Le livre de Bernard Joseph est un régal. Il nous fait slalomer entre les mots, les concepts et la mémoire. Le voyage ( malgré la grève à l’aéroport de Varsovie) est haletant. ET pourtant, il n’y a pas de suspense. Rien que de bons sentiments. Un excellent moment de lecture.

  12. J’ai ri , j’ai pleuré, j’ai pensè à ma propre histoire familiale, à mes sentiments si proches quand à peu près en même temps, j’ai aussi été à Varsovie pour un congrès.
    J’y ai eu une très longue conversation avec ce cousin dont les parents polonais se sont convertis au catholicisme « total » après la guerre et qui a découvert notre existence à la mort de son père. Le cousin avait vécu pendant 40ans dans la triste conviction qu’il n’avait aucune famille…mais aussi dans celle que les polonais étaient pour la plupart des résistants pendant la Guerre! Ce dont il avait ce soir là encore , voulu me convaincre! Pour me donner le courage de sortir de l’hôtel!
    C’est vraiment très réussi, sensible, touchant, parfois drôle, original, bien trouvé… J’applaudis!

    A-L

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