La Centrale

Le livre de Joseph – Ou comment un dentiste athée découvre sa judéité – Candice Vanhecke

Un avion manqué de peu suivi d’une grève des transports, et voilà Jean-Paul Rakover, dentiste de son état, coincé à l’aéroport de Varsovie. Grâce à la magie de l’internet sans fil, Jean-Paul entreprend alors de combler les – énormes – lacunes de sa généalogie, telle qu’elle lui fut exposée par Maman-Régine, cette mère tant aimée désormais réduite au silence à la suite d’une attaque cérébrale. En tapant son nom de famille dans la barre du moteur de recherche, Jean-Paul tombe sur le testament spirituel d’un certain Yosl Rakover. Forcément un ancêtre ! Petit à petit, le puzzle de l’histoire familiale se met en place : ce combattant juif du ghetto de Varsovie ne peut-être que son grand-oncle. Et notre dentiste parisien de comprendre enfin le sens de sa circoncision jamais expliquée. Commence alors pour Jean-Paul, au fil de la lecture du témoignage de son aïeul, l’apprivoisement de sa propre judéité. Lui qui ne connaît la culture juive qu’au travers du film « Rabbi Jacob », sa comédie préférée.

De la médecine à la littérature

Ecrit dans un style fluide et enlevé, Le livre de Joseph est un roman tour à tour drôle, grave et émouvant, qui se lit d’une traite. Son auteur, Bernard Dan, est pourtant plus habitué à la rédaction d’ouvrages médicaux – il est neuropédiatre à l’Hôpital des Enfants Reine Fabiola et enseigne à l’Université Libre de Bruxelles – qu’à l’écriture fictionnelle. C’est la lecture du fameux Yossel Rakover s’adresse à Dieu (récit testamentaire dont l’authenticité fit jadis couler beaucoup d’encre – nous n’en dirons pas plus !) qui l’amènera à coucher sur papier l’histoire de ce dentiste en quête d’identité. Une première oeuvre littéraire qui en appelle certainement d’autres, Bernard Dan s’étant déjà vu récompensé du prix Eugène Smits 2011, décerné par l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique. Sans compter que, de par son travail, le professeur Dan est régulièrement amené à fréquenter les gares et les aéroports. Des lieux où, de toute évidence, il trouve l’inspiration nécessaire à sa prose puisque, de son propre aveu, Le livre de Joseph fut presque entièrement rédigé au cours de ses nombreux déplacements professionnels.

Qui eut cru que les interminables temps d’attente dans les aéroports pouvaient se révéler au service de l’art ?

Candice Vanhecke

Lien vers l’article en pdf

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